La partie météorologie du BIA commence presque toujours par les mêmes valeurs : 1013,25 hPa, 15 °C, un gradient de température avec l'altitude. Ce sont des chiffres qu'on peut apprendre bêtement — et beaucoup le font, la veille. Le problème est qu'une valeur mémorisée sans son sens ne survit pas à une question tournée autrement, et l'épreuve tourne les questions autrement.
Ce que « standard » veut dire
L'atmosphère standard OACI n'est la description d'aucune journée réelle. C'est une convention : une atmosphère fictive, dont on est convenu qu'elle servirait de référence commune pour étalonner les instruments et comparer les performances des avions.
C'est le point que le BIA vérifie le plus souvent sans le dire. Si vous retenez « 15 °C au niveau de la mer » comme un fait météorologique, la question « quelle est la température réelle au niveau de la mer en atmosphère standard ? » vous paraîtra piégeuse. Elle ne l'est pas : il n'y a pas de température réelle, il y a une valeur conventionnelle. L'atmosphère standard ne se trompe jamais, parce qu'elle ne prédit rien.
À retenir : l'atmosphère standard n'est pas une moyenne observée, c'est une référence décidée. Un altimètre calé au 1013,25 n'indique pas une altitude vraie, il indique une altitude standard.
Les trois valeurs au niveau de la mer
Deux à retenir absolument, et une troisième qui suit :
- Pression : 1013,25 hPa. C'est le calage standard, celui qu'on affiche au-dessus de l'altitude de transition. Les questions l'écrivent parfois 1013 tout court, parfois 1013,25 — c'est la même valeur, arrondie ou non.
- Température : 15 °C. Soit 288,15 K si la question est posée en kelvins, ce qui arrive.
- Masse volumique de l'air : elle découle des deux précédentes. On ne vous demandera pas de la calculer, mais de savoir qu'elle diminue avec l'altitude — parce que la pression diminue plus vite que la température.
Le gradient : la valeur qui rapporte le plus de points
C'est le chiffre de la partie météo : la température décroît de 6,5 °C par 1000 m, soit environ 2 °C par 1000 ft.
Les deux formulations désignent la même chose. L'épreuve utilise l'une ou l'autre selon la question, et c'est là que les candidats perdent des points : ils ont appris « −2 °C » en pieds et se trouvent devant un énoncé en mètres, ou l'inverse. Apprenez les deux ensemble, comme un seul fait à deux visages.
En pratique, une question type ressemble à ceci : l'avion est à 6000 ft, la température au sol est de 20 °C, quelle est la température extérieure prévue ? Six milliers de pieds, deux degrés chacun, douze degrés de moins : 8 °C. Le calcul n'est jamais plus compliqué que celui-là.
À retenir : −6,5 °C/1000 m et −2 °C/1000 ft sont la même valeur. Réviser l'une sans l'autre, c'est réviser à moitié.
Où le gradient s'arrête
La décroissance de température ne continue pas indéfiniment. Elle s'arrête au sommet de la troposphère — la tropopause — au-delà de laquelle la température cesse de diminuer.
L'épaisseur de la troposphère n'est pas la même partout : environ 16 km à l'équateur, environ 8 km aux pôles. La raison est intuitive une fois posée : l'air chaud des tropiques monte plus haut avant de rencontrer sa limite.
Deux conséquences que le BIA aime interroger : la troposphère contient la quasi-totalité de la vapeur d'eau, donc toute la météo s'y passe ; et c'est là que se déroule tout le vol des avions légers à moteur à pistons.
La règle des 28 pieds
Une dernière valeur, moins connue et qui distingue les copies : près du sol, 1 hPa correspond à environ 28 ft — soit à peu près 8,5 m.
C'est elle qui explique l'écart entre deux calages altimétriques. Si le QNH du jour est 1003 au lieu de 1013, il y a dix hectopascals d'écart, donc environ 280 ft : un altimètre resté au calage standard indiquerait 280 ft de plus que la réalité. Autrement dit, l'avion serait 280 ft plus bas que ce que lit le pilote — dans le mauvais sens, celui du relief.
Cette valeur relie la partie météorologie à la partie navigation, où les calages QNH et QFE sont interrogés directement. C'est souvent la même connaissance qui rapporte deux fois.
Comment les retenir sans les bachoter
Ces chiffres sont peu nombreux — cinq ou six en tout — et c'est précisément pourquoi il est absurde de les réviser la veille. Ils tiennent en une poignée de cartes, revues deux minutes par jour de septembre à mai, et ils sont acquis dès novembre sans effort particulier.
Ce qui ne s'acquiert pas de cette manière, en revanche, c'est le raisonnement qui les relie : pourquoi la masse volumique diminue, pourquoi la troposphère est plus épaisse à l'équateur, pourquoi 28 ft par hectopascal font 280 ft pour dix. Ces liens-là se construisent en croisant les questions, pas en relisant la liste.
Pour vous tester sur la partie météorologie du programme, les QCM BIA de météorologie posent douze questions corrigées, sans compte. Pour situer cette partie parmi les quatre autres, voir le programme du BIA.