Un METAR ressemble à une suite de caractères sans logique quand on le découvre. En réalité, c'est l'inverse : les groupes arrivent toujours dans le même ordre, et il suffit de savoir lequel vous regardez pour le décoder. Une fois la structure en tête, un METAR se lit en quinze secondes.

Prenons un exemple complet et démontons-le :

LFPN 181330Z AUTO 24012G25KT 200V280 3000 -RA BR SCT008 BKN015 12/11 Q1009 TEMPO 1500 RADZ BKN006

Le squelette : 8 groupes dans un ordre fixe

GroupeExempleCe que ça dit
StationLFPNCode OACI du terrain
Date/heure181330ZLe 18 à 13 h 30 UTC
Vent24012G25KTDu 240°, 12 kt, rafales 25 kt
Visibilité30003 000 m
Temps présent-RA BRPluie faible, brume
NuagesSCT008 BKN015Voir plus bas
Températures12/1112 °C, point de rosée 11 °C
PressionQ1009QNH 1009 hPa

Tout ce qui suit ce bloc est une tendance ou une remarque : TEMPO, BECMG, NOSIG, RMK.

AUTO signale une observation entièrement automatique, sans observateur humain. Conséquence pratique : la machine voit mal les orages et les types de nuages, et elle ne regarde le ciel qu'à la verticale du capteur.

Le vent : la direction est en degrés vrais

24012G25KT se découpe en trois : 240 = direction d'où vient le vent, 12 = force en nœuds, G25 = rafales à 25 kt.

Deux pièges classiques :

  • La direction d'un METAR est donnée par rapport au nord vrai, alors que la tour vous annonce le vent par rapport au nord magnétique à la radio. En France l'écart est faible, mais le principe tombe régulièrement en question d'examen.
  • 200V280 signifie que la direction a varié entre 200° et 280° : c'est un vent instable, pas une plage anodine quand vous préparez un atterrissage par vent de travers.

VRB03KT veut dire variable à 3 kt (typiquement du vent faible sans direction établie), et 00000KT du calme.

Visibilité et temps présent : la partie qui décide

La visibilité est en mètres jusqu'à 9 999 m. 9999 signifie 10 km ou plus — c'est un plafond de codage, pas une visibilité de 9 999 m. 0000 signifie moins de 50 m.

Le temps présent combine une intensité et un phénomène :

  • Intensité : - faible, rien = modéré, + fort.
  • Phénomènes fréquents : RA pluie, DZ bruine, SN neige, SHRA averse de pluie, TS orage, BR brume (visibilité 1 000 à 5 000 m), FG brouillard (moins de 1 000 m).
À retenir : BR et FG ne sont pas deux mots pour la même chose. Le seuil est à 1 000 m de visibilité, et il sépare un vol VFR inconfortable d'un vol VFR impossible.

Les nuages : la nébulosité en huitièmes, la base en centaines de pieds

SCT008 BKN015 se lit : nuages épars à 800 ft, ciel fragmenté à 1 500 ft.

CodeNébulositéSens
FEW1 à 2 octasQuelques nuages
SCT3 à 4 octasÉpars
BKN5 à 7 octasFragmenté
OVC8 octasCouvert

Deux règles qui coûtent des points en examen :

  1. La hauteur est en centaines de pieds au-dessus du terrain (AAL), pas au-dessus du niveau de la mer. BKN015 = 1 500 ft au-dessus de la piste.
  2. Le plafond est la base de la première couche BKN ou OVC. Ici, le plafond est à 1 500 ft — pas à 800 ft, malgré la couche SCT en dessous.

CAVOK remplace visibilité, temps et nuages d'un coup : visibilité 10 km ou plus, aucun nuage sous 5 000 ft (ou sous l'altitude minimale de secteur si elle est plus haute), pas de cumulonimbus, aucun phénomène significatif. NSC signifie pas de nuage significatif, NCD aucun nuage détecté par un capteur automatique.

Température, point de rosée, QNH : trois chiffres, trois décisions

12/11 : 12 °C pour 11 °C de point de rosée. L'écart entre les deux est l'information utile. Un écart de 1 °C, avec une température qui va baisser en fin de journée, c'est un brouillard qui se forme. Un écart de 10 °C, c'est un air sec.

Les valeurs négatives sont préfixées par M : M02/M04 = −2 °C, point de rosée −4 °C.

Q1009 est le QNH en hectopascals, celui que vous affichez pour lire une altitude. Un A2992 (rencontré hors Europe) est le même QNH exprimé en pouces de mercure.

Sur le givrage carburateur, l'écart température/point de rosée compte plus que la température seule : un air doux et humide givre un carburateur bien plus sûrement qu'un air froid et sec.

Tendances : TEMPO, BECMG, NOSIG

Sur notre exemple, TEMPO 1500 RADZ BKN006 annonce des périodes temporaires (moins d'une heure à chaque fois, moins de la moitié de la période au total) avec 1 500 m de visibilité, pluie et bruine, plafond à 600 ft.

  • TEMPO : fluctuations temporaires, la condition revient à l'état décrit.
  • BECMG : évolution durable vers un nouvel état.
  • NOSIG : aucun changement significatif attendu dans les 2 heures.

C'est la partie que les élèves sautent le plus souvent, et c'est celle qui transforme un vol prévu en demi-tour.

La lecture complète, en une phrase

Notre METAR devient : à Toussus-le-Noble le 18 à 13 h 30 UTC, observation automatique, vent du 240° pour 12 kt avec rafales à 25 kt et direction variable entre 200 et 280°, visibilité 3 000 m sous pluie faible et brume, épars à 800 ft et plafond fragmenté à 1 500 ft, 12 °C pour 11 °C de point de rosée, QNH 1009, avec des passages temporaires à 1 500 m et plafond 600 ft.

Traduit en décision : vent de travers rafaleux, plafond bas, écart température/point de rosée de 1 °C et dégradations temporaires sous les minimums VFR. Ce n'est pas un METAR à débattre longtemps.

Ce que ça change en vol

Un METAR ne se lit pas pour être décodé, il se lit pour trancher. Trois réflexes suffisent la plupart du temps :

  • Le plafond et la visibilité face à vos minimums personnels et à ceux de votre espace aérien.
  • L'écart température / point de rosée, surtout en fin de journée et en saison froide.
  • Le groupe de tendance, parce qu'il décrit le terrain à votre heure d'arrivée, pas à l'heure où vous lisez le message.

Le reste est du contexte. Et si un groupe vous arrête, retenez que sa position dans la chaîne suffit presque toujours à deviner ce qu'il décrit.